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Témoignages d'élus vitriots de retour d'Israël et de Palestine
Cinq élus Vitriots faisaient partie de la délégation des 108 Français qui s’est rendue en Israël et en Palestine du 11 au 15 avril.
Organisée à l’initiative de l’Anecr (association nationale des élus communistes et républicains) et de l’Ajpf (association de jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises), cette opération dénommée “Un avion pour la paix” embarquait des élus de toute la France, des représentants associatifs et syndicalistes, des journalistes et des artistes pour exprimer une solidarité avec les populations palestiniennes occupées, agir pour la création rapide d’un Etat palestinien viable et soutenir les forces de paix progressistes israéliennes.
Cette délégation espère aboutir à des projets de coopération entre collectivités françaises et villes ou camps de réfugiés palestiniens. Les élus vitriots organiseront à la mi-mai une conférence publique illustrée de films et de photos pour témoigner de ce qu’ils ont vu.
Nous leur avons demandé de répondre à une question : que ramenez-vous de votre voyage ?
Sonia Guenine - maire-adjoint chargée des relations solidarité et coopérations internationales, jumelage et culture de paix
Dans les camps de réfugiés, nous avons rencontré des responsables qui nous ont montré les colonies et expliquer les futures destructions massives des maisons palestiniennes remplacées par des maisons de colons. Les familles peuvent être expulsées d'un jour à l'autre et voir leur maison détruite du jour au lendemain. Nous avons vu le tramway construit pour permettre aux colonies de se rejoindre entre elles. Autour des camps, le mur de la honte, qui empêche les Palestiniens d'accéder à Jérusalem ouest, et les nombreux check points où ils doivent présenter une carte de laisser-passer. L’Etat israélien organise le démantèlement de la société palestinienne.
Devant cette réalité dramatique, on se demande comment tout cela a pu se construire sous les yeux de la communauté internationale, comment aucune sanction n'est prise contre l'Etat d'Israël qui viole le droit international et les droits de l'homme, pourquoi les résolutions ne sont pas appliquées... Tout ça doit cesser pour que les deux peuples puissent vivre ensemble. Les Palestiniens nous ont fait part de l’importance de notre présence auprès d’eux. Ils souhaitent que nous luttions pour faire valoir leurs droits et mobilisions la solidarité internationale. Il est de notre responsabilité, de celle de l'opinion publique et de l'Union européenne, de sonner l'alarme pour mettre fin à ce conflit, pour que les Palestiniens ne désespèrent pas et gardent l'espoir d'une paix juste et durable
Evelyne Rabardel - conseillère générale et conseillère municipale
J'en reviens avec un sentiment d'indignation face à l'injustice quotidienne subie par la population palestinienne, maisons détruites, mur et check points, tramway de l'apartheid autour de Jérusalem....sans compter l'horreur de la guerre à gaza. J'éprouve également un sentiment d'incompréhension à l égard du silence de la communauté internationale, notamment de l'Europe face à de telles atteintes aux droits de l'homme. La dignité et le courage de ce peuple, comme celle des militants de la paix israéliens que nous avons rencontré force le respect. Le droit des peuples palestinien et israélien à vivre en paix passe par la coexistence de deux états. Il est grand temps de faire appliquer les résolutions internationales.
Pierre Bell-Lloch - conseiller général et conseiller municipal
Je milite depuis longtemps pour la cause palestinienne, mais en allant sur place, j’ai pu voir concrètement les conséquences de la politique israélienne sur le quotidien du peuple palestinien. Il se crée là-bas une véritable apartheid, et je pèse mes mots ! Je reviens avec le sentiment d’une injustice insupportable, qui s’exerce depuis plus de soixante ans dans un silence assourdissant de la part de la communauté internationale. Les prétentions palestiniennes sont pourtant légitimes : l’OLP réclame 22% du territoire historique, le droit à un Etat et à l’ensemble de ses compétences et le retour des réfugiés expulsés avec remboursement des biens confisqués… Mais l’Etat israélien, contre la volonté même des peuples, travaille à en terminer avec l’Etat palestinien dans le non respect du droit international. Il faut que l’ensemble de la communauté internationale se mobilise pour une paix juste et durable.
Ager Oueslati - conseillère municipale
Je suis restée un mois et demi en Palestine, j’ai rejoint la délégation au cours de ce voyage que je souhaitais réaliser depuis très longtemps. Il m’a permis de m’immerger dans le quotidien du peuple palestinien et de me rendre compte que la communauté internationale est totalement déconnectée de la réalité. C’est peut-être pour ça qu’il est si difficile de la monopoliser sur cette question… Les palestiniens subissent quotidiennement la peur, l’humiliation et l’injustice. Les familles sont contrôlées en pleine nuit, peuvent être expulsées des maisons construites par le haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, sont interdites de passage aux nombreux barrages militaires israéliens. Ils ne demandent aucune aide matérielle, simplement que nous témoignons de ce que nous avons vu. Je reviens très émue, révoltée, mais avec un grand respect pour leur courage.
Slimane Abdoun Charef - conseiller municipal
Sur place, j’ai touché du doigt la réalité, loin de ce que véhicule l’information en France. L’administration palestinienne n’a pas de légitimité. Nous avons eu la chance de rencontrer des personnalités (la femme de Marouane BARGHOUTI, élu au parlement palestinien, Hind Khoury, représentante de l’autorité palestinienne en France et Michel Warschawski, pacifiste israélien) nous alertant de l’impasse où se trouve le peuple face à cette politique de colonisation menée par la terreur. Ils nous ont raconté la détention de ces 11 000 palestiniens dont un tiers sont des élus et le départ de ces 200 000 israéliens désertant le pays. Nous avons visité le camp de Lamaria à Bethléem et ses installations culturelles et sportives réalisées grâce au concours de la ville de Stains avec laquelle il est jumelé. Des idées à retenir pour le projet de partenariat de Vitry avec la ville de Jericho.
Khaled Ben Mohamed - conseiller municipal
Une réalité très différente de celle véhiculée par les médias, le constat d’une injustice insupportable vécue quotidiennement par le peuple palestinien. La vision de maisons détruites la nuit, pour que les habitants n’aient pas le temps de réagir. Celle de jeunes Israéliens enrôlés, bardés d’armes comme en temps de guerre, laissant ou non passer les nombreux barrages militaires selon leur bon-vouloir. La mise en œuvre concrète d’une politique de soumission par la terreur, de colonisation agressive et sophistiquée, déployée selon une stratégie dite “du gruyère” pour morceler le territoire palestinien à l’aide de routes réservées, de grilles barbelées, de check-points et de miradors, enfermant les Palestiniens dans des prisons à ciel ouvert.
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