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Pas de silence sur l’hôpital

Après l’hôpital Charles-Foix et une partie de son service gériatrie, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris entend fermer le service cardiologie de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. Patients, personnels et élus de tous bords se mobilisent.

Le temps dit-on c’est de l’argent, tel est bien le postulat du gouvernement. Le temps c’est aussi l’urgence. Quand un service hospitalier ferme, que l’ambulance doit faire quelques kilomètres de plus, pour quelques minutes de plus, ce peut être une vie qui s’échappe faute d’une prise en charge rapide.

Mot d’ordre du gouvernement : réduction
  • Réduction budgétaire,
  • réduction du nombre de lits et réduction du personnel soignant et administratif. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui soigne les dix millions de Franciliens et emploie quatre-vingt-dix mille salariés, entend regrouper d’ici 2014 les trente-deux centres hospitaliers actuels en onze gigantesques pôles, prenant soin au passage de tailler dans le vif.

L’AP-HP “s’est greffée une calculatrice en lieu et place du cerveau”, confie, sous le couvert de l’anonymat, une jeune infirmière de Charles-Foix.

En mars, le centre hospitalier d'Ivry a vu disparaître d’un trait de plume quatre cents de ses lits long séjour (lits réservés à l’accueil des personnes âgées). “Sept mille lits publics dédiés au long séjour existent en Île-de-France. L’objectif de l’AP-HP – c’est écrit noir sur blanc – est d’abaisser ce nombre à trois mille cinq cents. C’est une absurdité complète lorsque l’on sait que :

7 % de la population francilienne est âgée de plus de soixante-quinze ans et que, d’ici dix ans, si on en croit les propres projections de l’AP-HP, elle sera 13 %”, tempête Jacques Pourre, délégué CGT de Charles-Foix.

Qui se chargera demain de nos retraités ? “La réponse est simple : les structures privées, avec une prise en charge mensuelle de 3 500 à 4 000€.”

À l’hôpital Henri-Mondor de Créteil, c’est le service cardiologie qui est censé passer sur le billard, parce que jugé non rentable. “La chirurgie cardiaque n’est pas déficitaire, elle représente plus de 20 % des recettes de ce CHU”, rectifie Jean-Marc Bourjac, conseiller régional (PS) et adjoint au maire de Vitry, en charge des questions de santé. “L’AP-HP compte seulement quatre services de cardiologie. Trois sont basés à Paris, où vivent deux millions de personnes. Un seul en banlieue où vivent six millions d’habitants”, remarque quant à lui Christophe Pin, délégué de l’intersyndicale à Henri-Mondor.

Depuis février patients, personnels et élus de tous bords, chose rare, se mobilisent. Le conseil général vient même d’adresser aux Val-de-Marnais une carte-pétition. Peut-être l’avez-vous déjà même reçue dans vos boîtes aux lettres. “Plus nous serons nombreux à nous faire entendre, plus grandes seront nos chances de sauver le service cardiologie”, rappelle Christophe Pin.


Anthony Leroi pour l’hebdo

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